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L'histoire de la Mine Témoin d'Alès

28 Avril 2009

visite-Mine-témoin-AlèsOuvrage d’art minier unique en France, si d’autres organismes à vocation analogue existent effectivement dans l’hexagone, les structures souterraines que ces derniers sont en mesure de présenter au public ne sont que des reconstitutions.

La Mine Témoin d’Alès a vu le jour au sortir de l’immédiat après-guerre.
En 1945-46, l’Etat initia comme on le sait un processus de nationalisation des houillères françaises. L’objectif visé, ici, n’était ni plus ni moins que le redressement et la consolidation économique de notre pays, lequel s’était trouvé très fortement ébranlé par six années de conflit mondial.

Dans les faits cette étatisation des ressources minières se traduisit d’une part par la création des Charbonnages de France (CdF) et, d’autre part, par la définition géographique de neuf grandes houillères de bassins. C’est dans ce contexte à la fois si singulier et si difficile que naquirent les Houillères du Bassin des Cévennes (H.B.C.).

Dès 1946 les mineurs cévenols s’investirent sans compter dans l'effort de production nationale qui devait contribuer à relancer la France. Plus de 22000 personnes travaillaient alors aux H.B.C., qui, cette année-là, contribuèrent ainsi directement ou indirectement à l’extraction de quelques 2,4 millions de tonnes de charbon. C’est donc bien peu de chose que d’affirmer que les mineurs des Houillères du Bassin des Cévennes écrivirent quelques-unes des plus belles pages de l’historique Bataille du Charbon.

La modernisation accélérée des techniques et des technologies d’exploitation minière et l’importance des effectifs employés en fond ont cependant rapidement nécessité la mise en place de structures spécialement dédiées à l’apprentissage du métier de mineur, certainement l’un des plus durs, des plus exigeants, et des plus dangereux qui soient au monde.
C’est à cet objectif que répondait précisément la Mine Témoin d’Alès.

De 1945, date de son ouverture, à 1968, date de sa fermeture, ce sont plusieurs générations d’apprentis mineurs qui, sous la conduite d’instructeurs expérimentés, se sont succédé dans ses galeries pour apprendre leur futur métier. Plus encore que cela, ce sont ces centaines de jeunes gens âgés de 14 à 18 ans qui ont littéralement engendré la Mine Témoin. Bâtissant sur ce qui avait été édifié par les précédentes promotions, étendant ou travaillant sans cesse les galeries, les jeunes apprentis étudiaient les techniques de tir à l’explosif, s’initiaient aux subtilités de la taille des éléments de soutènement boisé ou bien apprenaient l’art ô combien essentiel de la manipulation et de la pose des étançons à serrage mécanique ou hydraulique.

Témoignage absolument exceptionnel puisque rigoureusement authentique du travail et du courage dont ont su faire preuve les jeunes apprentis mineurs cévenols pendant presque deux décennies, la Mine Témoin d’Alès se veut aujourd’hui un lieu de mémoire sociale et industrielle unique en France.

Sise sous la colline de Montaud - où l’on a relevé les traces les plus anciennes d’exploitation charbonnière dans la région (XIIIe siècle), surplombant le site d’implantation de l’ancien carreau de Rochebelle et jouxtant le crassier, elle présente in situ près de deux siècles d’évolution technologique minière sur 650 mètres de galeries visitables.
En même temps, elle représente à ce jour le plus beau et le plus authentique lieu de mémoire minière que nous nous trouvions à même d’offrir aux visiteurs d’ici et d’ailleurs .
A travers la Mine Témoin d’Alès, il ne s’agit en effet pas seulement de permettre aux gens de comprendre les tenants et les aboutissants techniques et humains qui font toute la complexité et le caractère éminemment périlleux de l’univers minier. En faisant toujours valoir la noblesse de leur caractère, de leur courage, et le désintéressement dont ils savaient toujours faire preuve dans leur engagement infaillible les uns vis-à-vis des autres, il s’agit aussi et surtout de rendre hommage à tous les enfants du pays qui, dans le tréfonds, ont risqué leur vie en participant deux siècles durant à la formidable épopée industrielle du charbon cévenol.